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[Côte d’Ivoire] À Bouaké, des soldats jouent avec les armes de guerre #mutinerie

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Le spectre de la guerre se vit là. Ph.Dr

-Sur les traces des décombres du déluge de feu des Faci

Des véhicules partis en fumée, la pancarte du siège de la base du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo) de Bouaké à moitié consumée, le siège calciné, des impacts de balle un peu partout sur les murs. Voici le triste décor qu’offraient, le spectre d’une guerre après la puissance de feu des hommes en arme. Les Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci) qui se sont affrontés dans la nuit de mardi au petit matin de mercredi 10 janvier 2018 sont sorties avec des armes.

Les autorités municipales et administratives de Bouaké sur les lieux. Ph. Dr

Le papier du correspondant particulier et les images apportent du grain à moudre sur les tirs qui ont obligés les populations à se terrer chez elles aux environs de 20h. Un calme précaire règne, mais le siège du Ccdo du  Centre-Nord a été entièrement saccagé, voire incendié à l’arme de guerre. On peut l’affirmer, à Bouaké on s’amuse avec les armes de guerre qui, apparemment ne sont pas toutes dans les poudrières.

Situé au quartier Sokoura, sur la route de M’Bahiakro, le bâtiment abritant le camp du Ccdo accueille les visiteurs avec un visage pittoresque. La guerre est passée par là et les stigmates parlent frais, parlent d’eux-mêmes . Plusieurs véhicules garés dans la cour ont été calcinés ou détruits par le déluge de feu.

À Bouaké comme partout ailleurs, l’interrogation sans réponse est celle-ci : « Quelles sont les causes exactes d’une telle violence entretenue par notre armée ? ».

« Vraiment, on ne sait pas quand tout cela prendra fin à Bouaké ? » s’inquiète un riverain du camp, Touré Peda. Arrivé sur les lieux, un peu tôt vers 7h15min, le maire de la commune, Djibo Youssouf Nicolas, n’a fait que constater le sinistre. Au sortir de la visite des lieux, c’est la gorge nouée qu’il a déclaré ce qui suit : « Bouaké a assez souffert. Nous ne voulons plus qu’en 2018, ces genres d’incidents dont les répercutions sont négatives sur le développement de la ville, se produisent

Par ailleurs, l’élu invite les autorités à procéder à une enquête afin que la vérité éclate. « Je demande aux soldats de savoir raison garder. Quel que soit les revendications, on ne doit pas manifester brutalement en semant la psychose  au sein des populations, des partenaires politiques et des partenaires économiques. Au final, c’est l’isolement de la Côte d’Ivoire, le recul de Bouaké », conseille M. Djibo. « Le président Alassane Ouattara a réussi quelque chose d’extraordinaire depuis qu’il est au pouvoir, surtout avec la tenue du sommet UE-UA. Cette rencontre a repositionné la Côte d’Ivoire à un très haut niveau. Je supplie nos jeunes militaires de ne pas ternir cet exploit du chef de l’Etat. À notre niveau, en tant que maire, nous avons passé ces dernières années à faire la cour aux chefs d’entreprise et aux patrons des firmes multinationales pour qu’ils viennent investir à Bouaké. Beaucoup ont évoqué la récurrence des violences comme l’objet principal de leur hésitation. Donc, au nom de l’amour qu’ils ont pour la Côte d’Ivoire et pour Bouaké, je prie nos militaires de revenir à la raison, de penser à la population. C’est ça, ma prière », ajoute-t-il.

Quant au préfet de région, Konin Aka, il appelle au calme : « Il faut chercher d’autre voies pour régler les problèmes parce que Bouaké a besoin de paix, de sérénité pour redécoller. Je demande aux uns et aux autres de mettre balle à terre et de faire en sorte que les populations qui n’ont souvent rien avoir avec ces problèmes ne souffrent pas des traumatismes permanents qui sont difficiles à supporter.». Poursuivant, il a indiqué que le bâtiment qui abrite le siège du Ccdo (partie en fumée) a été réhabilité, il y a peine deux ans pour pouvoir permettre à cette institution de fonctionner. « C’est vraiment dommage ! » a conclu Konin Aka.

Dans la nuit de jeudi 4 à vendredi 5 janvier 2018, des échanges de tirs ont eu lieu entre des éléments de l’armée et ceux de la force de sécurisation Ccdo. Le point de la situation fait par l’armée faisait état d’un mort et d’un blessé. Des confères avaient annoncé la présence d’un représentant du ministère de la Défense vendredi après-midi, mais rien n’y fit. Les tirs ont repris samedi puis dans la soirée du 9 janvier 2018, faisant un blessé léger, un véhicule incendié et les locaux de l’annexe du Ccdo saccagés.

Dans le communiqué du conseil des ministres du jour, le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné, par ailleurs ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, a annoncé que les enquêtes se poursuivent sur les causes de ces affrontements, afin de situer les responsabilités. « Dans l’intervalle, malgré l’accalmie observée depuis ce matin, les dispositions sont prises en vue du renforcement de la sécurité à l’intérieur et autour de la ville de Bouaké, avec l’envoi sur place d’hélicoptères de combat MI24 et d’engins blindés légers ainsi que le déploiement de plusieurs centaines d’agents des forces de l’ordre » martèle M. Koné.

À peine le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, le général Sekou Touré, a-t-il donné l’assurance à la Nation sur la fin des mutineries à Bouaké que quelques après des tirs à l’arme de guerre reprennent. L’indiscipline au sein des Faci s’exacerbe et le feu couve sous la cendre. L’étincelle n’est pas loin de faire exploser les bombes prêtes à exploser

La rédaction avec MK à Bouaké (Une correspondance particulière)

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