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[Côte d’Ivoire] Exclusif ! Les révélations du roi de Grand-Bassam, Nanan Kanga Assoumou

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La photo de famille après la rencontre

-Des vérités jamais dites sur la place publique

-Le rôle obscur des hommes politiques

Le 21eme roi de Grand-Bassam, Nanan Kanga Assoumou a parrainé le concert de l’artiste Zouglou, Molière, le 1er avril 2018 au stade de la BAE de Yopougon. En guise de reconnaissance, le directeur général de la société Sotrad Boy’s, Yao Kouakou Alex et l’organisateur  du spectacle, Clé Bazar se sont rendus, le mardi 3 avril 2018, à la Cour royale pour traduire au roi leur remerciement et recevoir sa bénédiction. Nous vous proposons un large extrait de son échange avec ses hôtes. Entretien au cours duquel, le Roi de Moossou, roi de grand-Bassam a fait des révélations sur Dezy Champion, artiste chanteur décédé il y a quelques jours et interpellé la classe politique ivoirienne.

 »Je dis merci à mon fils, le directeur général de Sotrad Boy’s qui a essayé de créer une structure pour aider des gens qui en sont dans le besoin.

Le DG de la société Sotrad Boy’s, Yao Aexis remettant un présent à Sa Majesté, Nanan Kanga Assoumou

Que cette structure aille de l’avant et que Dieu lui-même la bénisse. Il a eu ses moyens, il pouvait investir où il veut, mais ça n’a pas été le cas. Il a mis ses moyens à la disposition de ses frères ivoiriens.  C’est une entreprise qui mine de rien, peut employer 100  à  200 Ivoiriens. Chacun a une femme, même s’il n’est pas marié, il a des enfants qu’il prend en charge et c’est la société qu’il nourrit. Quand on fait le calcul, il peut avoir dans cette affaire-là, deux à trois cents personnes que les employés de Sotrad Boy’s nourrissent.

À ce jour, si vous ne faites rien, vous ne pouvez pas vous nourrir. Nous ne sommes pas des Français, la Côte d’Ivoire avait essayé de faire quelque de ce genre ‘’payer les chômeurs’’. On n’est pas allé loin parce que ce n’est pas facile. La France a sa politique, même si elle nous a colonisés, on ne pourra pas faire comme elle. Que cette structure continue dans cette dynamique.

Quant à nos enfants qui ont eu les moyens d’aller loin, de créer des sociétés pour employer nos enfants, je ne peux que les encourager. Notre rôle en tant que père et autorité traditionnelle est de dire merci à Sotrad Boy’s et à tous ceux qui ont inscrit la lutte contre le chômage au cœur de leur priorité.

Comment Dézy Champion l’a rencontré au Palais royal. La première personne qui m’avait approché à la Cour royale, pas dans le cadre du zouglou, mais après avoir créé son église est bien Dezy Champion. Il m’a dit ceci : ‘’Papa, je veux me retirer de la musique pour me consacrer à Dieu. Ceci étant, je viens de bâtir une église et l’église que j’ai bâtie,  selon les révélations, je ne dois pas choisir un politicien comme parrain.’’ Je dis exactement  ce qu’il m’a dit. Il dit dans son rêve, comme il lui a été dit de ne pas choisir de politicien comme parrain. Il cherchait la voie à suivre. Mais qui trouver ?  Quelque chose lui demandait d’aller vers Bonoua et c’est ce qu’il a fait. À son retour, dit-il, il a vu une maison imposante à partir du pont à l’entrée de Grand-Bassam, quand il est descendu du pont en partance pour Abidjan,  quelque chose lui a dit : ‘’Retourne à la cour que tu as vue.’’ Mais, il ne savait pas que c’était la Cour royale. À sa descente du pont, il se renseigne auprès des vendeuses sur la grande cour qu’il a vue et  ce sont elles qui lui diront que c’est la Cour royal de Grand-Bassam. Il n’a donc pas cherché loin, il a contourné et il est venu à la porte. Je le connais en tant qu’artiste, mais il n’y avait jamais eu d’approche personnelle entre lui et moi. Au  portail de la Cour royale et il a demandé à tout prix rencontrer le roi. Ceux qui étaient là lui ont fait entendre que le roi était en déplacement à Abidjan. Il leur a dit qu’il allait attendre. Il a attendu jusqu’à 15heures. Quand je suis arrivé, ils m’ont dit qu’un monsieur voulait me voir. J’ai demandé : ‘’ C’est pourquoi ?’’ Ils m’ont dit qu’ils ne savaient pas. J’ai cherché à savoir si j’avais un rendez-vous avec quelqu’un, ils m’ont répondu par la négation. Je leur ai donné mon OK afin qu’il fasse venir le visiteur.

C’est comme ça que le directeur du protocole l’a introduit. Quand il est rentré, il a fait le point de son déplacement comme je l’ai dit tantôt. J’ai donné mon accord de principe et ensuite l’accord définitif qui s’est soldé par l’inauguration officielle de son église à Yopougon-Ananeraie, en présence de plusieurs pasteurs dont Guy-Vincent Kodja. Depuis lors je suis demeuré son parrain.

Concernant le spectacle de Molière à Yopougon, je le dis haut et fort, c’est pour la première fois, vraiment toute première fois que j’ai accepté d’aller assister à un concert Zouglou. Pour cette sortie, j’ai été sollicité par mon frère Clé Bazar, accompagné de Molière, je leur ai dit que c’est quelque chose que je n’ai jamais fait. Mais, à cause de mon frère Clé Bazar, j’ai donné mon accord.

J’avoue que j’étais agréablement surpris ! Clé Bazar m’a dit qu’on devrait venir me chercher, mais je ne savais pas qu’on devrait venir me chercher avec un tel cortège. Vraiment, c’était émouvant, j’ai été heureux. Très heureux parce qu’ils m’ont amené à Yopougon et ils m’ont ramené jusqu’au royaume. Ils m’ont rendu l’honneur dû à mon rang et ont veillé scrupuleusement à ma sécurité par l’entremise de Sotrad Boy’s. Je leur tire mon chapeau. J’ai été heureux du cortège qui a été mis à ma disposition. A aucun moment, je n’ai eu peur. Bravo à vous, bravo au directeur de la société !

Ma joie est d’autant grande qu’après l’évènement, où je me suis rendu en tant que parrain, vous venez encore me dire merci avec les bras chargés de présents.

Ses vérités sur Moossou et Grand-Bassam. Cependant, je voudrais profiter de votre présence pour faire part d’une préoccupation qui n’honore pas Grand-Bassam. Il faut être à Grand-Bassam, chercher à mieux comprendre son histoire  pour être bien situé. C’est comme pour vous qui êtes venus d’à Abidjan, vous êtes entre les fleuves Comoé et la lagune Ébrié, mais qui fait la différence entre ces deux fleuves là ? Il faut un connaisseur pour faire la part des choses.

‘’Je demeure le roi de Grand-Bassam’’

L’histoire du royaume de Grand-Bassam s’écrit ici.

Tout cela pour vous dire qu’on vit trop d’injustices à Grand-Bassam. Dans une ville comme Grand-Bassam, il ne peut avoir deux rois, ce n’est pas croyable ! La Côte d’Ivoire est belle, elle riche, elle est aimée, mais ce sont nos politiciens eux-mêmes qui nous divisent et  divisent la Côte d’Ivoire. Si, à un moment donné, les politiciens levaient le doigt pour dire ‘’trop, c’est trop’’ il faut qu’on dise la vérité une bonne fois, la Côte d’Ivoire irait très bien. On laisse faire, on voit le faux, mais on ne dit rien. Mais, si nous même on va s’aligner derrière les photocopies, comment voulez-vous qu’on considère les originaux ?

C’est vrai que davantage il est question de roi de Moossou.  Moossou, c’était l’appellation de toute la cité balnéaire et c’est l’appellation qui fait que certaines personnes pensent que je suis seulement le roi de Moosou. Dans les faits et dans la logique, je suis bel et bien le roi de Grand-Bassam. J’ai été intronisé le 4 mai 1991, le 4 mai prochain, cela fera 27 ans sur le trône. Ceux qui crient haut et fort, je ne sais pas depuis quand ils sont là, combien d’années ils ont fait. Ça ne m’intéresse pas. Mais, je dis, tant qu’il n’y aura pas de vérité dans ce pays-là, le pays ne pourra pas avancer. Il faut se dire la vérité, rien que la vérité.

Comprenez que la stabilité ne sera qu’un leurre tant que la vérité ne sous-tendra pas nos actions. Quels que soient vos moyens et forces, vous ne pourrez pas quitter Moossou et aller vous autoproclamer chefs à Korhogo au détriment des véritables chefs de cette localité. Et mieux, votre longévité dans cette localité ne vous donnera pas ce droit. Vous convenez avec moi qu’on ne peut jamais cacher le soleil avec la main. Comme le dit l’adage, ‘’le bout de bois aura longtemps séjourné au fond de l’eau, mais il  ne deviendra jamais un caïman’’. Ce n’est pas parce que l’on vous a tendu la main qu’il faut vouloir arracher tout le bras, avec la complicité de ceux qui caressent le vœu de voir changer le cours de l’histoire. Quel que soit le temps que cette combine va durer, la vérité finira par éclater. Moi, je suis serein, imperturbable. Pour la manifestation de la vérité, je vous invite à la place des rois, juste en face du palais. Vous serez instruits sur toute l’histoire de Grand-Bassam qui, y est retracée. Vous aurez également les noms du premier roi jusqu’au 21e que je suis. Ne vous laissez point tromper par les beaux parleurs et les politiciens d’hier qui ont le dos large et bénéficient du parapluie politique.

Il est mieux de venir à la source que d’être renseigné dehors. J’ai accueilli tous ceux qui parlent aujourd’hui dans mon royaume. Ils ont le dos large à cause de la politique, mais moi, je ne suis pas un politicien. Je dis la vérité quand il le faut. Moi, j’ai fait ma formation de roi dans un royaume ghanéen. C’est les rois et les reines qui sont venus du Ghana pour m’introniser en 1991.

Je vous ai fait l’historique, parce qu’on entend dire royaume de Moossou comme si le roi n’était que le roi de Moossou. Je sais que vous n’êtes pas venus pour ça, mais en tant que jeunes, vous devrez connaître l’histoire du royaume de Grand-Bassam, même s’il y a beaucoup à dire.

Nous recevons régulièrement des professeurs, des chercheurs d’ici et d’ailleurs qui en ont marre quand la presse évoque ‘’Deux rois pour Grand-Bassam’’.

Pour terminer, je tiens à vous remercier, monsieur le directeur général de la société, Sotrad Boy’s. Vous avez ma bénédiction pour le travail que vous faites.

Encore merci ! »

Propos recueillis à la Cour royale de Grand-Bassam par Sériba Koné

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